mercredi 22 octobre 2014

Tristesse



1983

Michel Jonasz : Tristesse

1. Tristesse (5:12)
2. Big boss (3:30)
3. De l'amour qui s'évapore (3:45)
4. Une seule journée passée sans elle (4:00)
5. Lucille (4:00)
6. Minuit sonne (4:02)
7. La Chanson qui détend l'atmosphère (4:11)
8. Rock à gogo (3:10)
9. Quand elle part j'ai l'cœur serré (4:17)
10. Tic-tac (4:28)

Notice Wiki
Album sur Deezer


1) Tristesse : morceau qui donne son nom à l'album, Tristesse avance à pas doux. Le style est très jonaszien, représentatif, assez agréable sans être bouleversant. Il y a des ruptures, une belle richesse, mais tout cela ne me donne pas non plus le grand frisson comme peuvent le faire d'autres chansons de ce chanteur.

2) Big Boss : plus pêchu, mais encore moins emballant en ce qui me concerne. Un peu trop simpliste et répétitif. La mélodie ne me plaît pas du tout. Le texte me laisse aussi indifférent.

3) De l'amour qui s'évapore : une chanson mélancolique. S'il n'y en avait pas dans un album de Michel Jonasz, ce serait péché ! Ce n'est pas pas toujours heureux. Il arrive que ça ne prenne pas aux tripes. Or, là non plus, je n'éprouve pas grand chose. Tristesse.

4) Une seule journée sans elle : et alors que je me plaignais, voilà qu'un chef d'œuvre vient me claquer le beignet. Du texte à l'habillage musical, c'est en tout point une merveille ! Et la voix sublime de Michel Jonasz se marie avec un bonheur infini à la mélodie. Pur, extrêmement caressant, ce morceau me transporte. Classique.

5) Lucille : encore un sommet. Cette chanson est juste superbe. Peut-être même est-elle plus belle encore ? Le texte est très beau. La mélodie est savamment maîtrisée. L'espèce d'harmonium derrière, comme la gratte qui couine en font un petit bijou noir. D'un sombre éclatant (si, si, j'ose!), j'adore la couleur et la brillance de ce morceau de bravoure. Avec le précédent, on touche là à ce que Michel Jonasz fait de mieux. Voilà pourquoi j'adore ce type hors du commun, son monde à part. Toute la poésie sonore et romantique du bonhomme est génialement exploitée. Formidable mise en valeur : j'adore !

6) Minuit sonne : le rythme s'élève. Rien d'extraordinaire, mais l'écoute est agréable. Le texte reste gentillet. J'aime bien. Dans l'album, ce morceau redonne un peu de vie, comme un coup de fouet ou du moins une rupture. Salutaire sans doute pour l'ensemble.

7) La chanson qui détend l'atmosphère : à nouveau l'album bat à un rythme plus lent. Très jolie chanson. Peut-être avec moins de surprises? J'aime bien. Très agréable à écouter et à réécouter.

8) Rock à gogo : les percus au début font douter du titre. Effectivement, peu de rock à proprement parlé. Puis, on assiste à une montée ou quelque chose de plus rock grâce à la guitare électrique. Le morceau de tient bien, j'avais des craintes au départ. Avec la réécoute, elle devient même entraînante. Son ton enjoué apparaît alors plus intense. J'aime bien.

9) Quand elle part, j'ai l'coeur serré: début hyper années 80 françaises. Je suis sans doute nostalgique de ce son car j'ai du plaisir à retrouver ce genre de musique datée. En ce moment du moins. Malheureusement, la chanson est un peu trop lente et peu enivrante. Si bien que je la trouve longuette. Sans trop d'aspérités non plusieurs.

10) Tic tac : on dirait un début à la Éric Serra. Très mou. Peu engageant. Et le texte n'invite guère à l'applaudir. J'ai presque envie de dire que c'est raté. Finalement, les deux dernières chansons sont très malheureuses et abîment l'album. Tristesse à nouveau.

Album fort inégal. Il contient deux ou trois chansons que je peux oublier sans problème, mais il y a aussi deux chefs-d'œuvre de l'ami Michel Jonasz qui en font un album incontournable. Il y a des fois où la touche past-forward est une bénédiction.

dimanche 3 août 2014

Claridad



2012

Rocio Marquez : Claridad

1/ Infancia
2/ Las manillos del reloj
3/ Claridad
4/ Liberacion
5/ A mi no meterme
6/ Te dire
7/ Antiguamente eran dulces
8/ Aliviando
9/ Nana para Rocio


Il m'est arrivé un drôle de truc dernièrement : je me suis inscrit sur spotify et allez savoir pourquoi je me suis mis à fureter sur les musiques à découvrir, les playlists par genre et voilà-t-il pas que je me mets en tête de vouloir écouter de la musique hispanique, latino-américaine ou espagnole. D'où ça sort cette soudaine envie? J'en sais foutre que dalle! Quoiqu'il en soit, en suivant une playlist sur flamencos et sevillanas, je prends un coup de cœur dans les esgourdes. Parmi toutes ces belles voix qui semblent d'une autre planète et qui me fouillent tout de même le bide, j'entends celle-ci, celle de Rocio Marquez. Et là je me mets en quête de tout l'album pour savoir ce que la dame a d'autres en caisse. Boulot difficile en France, mais j'y arrive.

1/ Infancia (Jotilla de Aroche y fendangos) : D'abord uniquement la belle voix de Rocio. Ensuite la guitare et les bruissements, les percussions se radinent. C'est un peu plus gai que la plupart des morceaux suivants, un peu plus nerveux dans le rythme. Normal, une jotilla est une danse. Très joli morceau, l'écoute est très douce, agréable entrée dans l'album.

2/ Las manillas del reloj (tango): très beau, très entraînant. Reste facilement en tête et en corps. Je me demande si ce n'est pas en écoutant ce morceau sur spotify que j'ai découvert la voix de Rocio Marquez. Elle va très bien avec ce rythme, battement de cœur, que le tango parait détenir comme un secret divin. J'adore ce morceau.

3/ Claridad: rythmé. Pas autant que le précédent, mais quand même plus rythmé que les suivants. Et puis les mimines entrent en scène et dynamisent totalement le morceau qui devient très vif, percutant. Le rythme s'enflamme, la voix s'essaie à le suivre. La guitare s'affole un peu. Ce chant donne son titre à l'album.

4/ Liberacion (romance y seguirilla) :  très joli solo. Volutes de voix, de rythmes, de tonalités. Je vole très haut, emporté. Peut-être le plus beau travail de voix de Rocio Marquez sur tout l'album. Je ne sais pas pourquoi je le ressens, là, comme ça. Puis la guitare et les mimines nous rappellent à leur bon souvenir. L'accompagnement est vraiment bien fait. Ça ne casse pas le charme de la voix. Très belle chanson.

5/ A mi no meterme (tango, tanguillo, guajira): style différent, bien mobile. Avec la guitare, il y a des percussions derrière, une sorte de flûte. Des mains donnant le tempo se font entendre et augmentent le rythme. Agréable.

6/ Te dire : début jazzy avec ce saxo. Ensuite, la voix, la guitare et les mains arrivent très rapidement. Le saxo reste en fond. Le tout donne un ensemble très curieux, mais dans le bon sens du terme : un mariage réussi. J'aime beaucoup. Mélancolique et sûre, la mélodie est très prenante.

7/ Antiguamente eran dulces : guitare, flûte d'abord, puis des chœurs masculins font emprunter à l'album une voie distincte. Le rythme est très enjoué, beaucoup plus percutant. Très vivant. La voix de Rocio épouse ce changement de style avec bonheur, toujours autant de grâce. Joli moment. J'aime beaucoup.

8/ Aliviando (taranta): c'est une guitare qui débute. La voix de Rocio parait chevrotante, elle cherche à rester longtemps jusqu'au dernier souffle. Tout simple : une guitare, une voix. Soudain la voix se fait cri, et chante malgré tout. Ça fouille les tripes. Ce qui m'émeut, c'est ce sentiment, cette croyance qui s'impose : la voix s'étire, et va se briser... mais elle ne se brise pas. On entend des pleurs dans ce chant. Je comprends que des gens restent insensibles au flamenco. Il y a de la souffrance, un rythme souvent très lent, proche de la lamentation. Pourtant à chaque fois, je suis touché, la voix est si belle.

9/ Nana para Rocio: très triste. Le piano appuie. Très beau mariage avec la voix de Rocio. On dirait presque qu'elle pleure. Elle renifle. Elle reprend son souffle. Très triste et puissant, beau... pour conclure sur un "Au revoir" superbe et émouvant.


jeudi 19 juin 2014

The up escalator



1980

Graham Parker : The up escalator

1. No Holding Back (3:18)
2. Devil’s Sidewalk (3:14)
3. Stupefaction (3:30)
4. Empty Lives (5:06)
5. The Beating of Another Heart (4:20)
6. Endless Night (3:35)
7. Paralyzed (3:12)
8. Maneuvers (3:28)
9. Jolie Jolie (2:59)
10. Love Without Greed (3:24)


Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas penché sur M'sieur Parker. Et je reprends avec un album bien sympa, très remuant, guilleret.

1/ No holding back: chanson qui bouge d'entrée et donne le "la" pour tout l'album. Motivant, bien trouvé, il n'y a rien de bien stupéfiant, mais ce morceau est pêchu, souriant. C'est toute l'histoire de cet album, frais, mais sans décrocher la lune.

2/ Devil 's sidewalk: rythme un brin plus calme. J'aime beaucoup. C'est plus dans le style de Parker que j'aime : quelque chose de blues, de jazzy, de rond, huileux, qui sent le cuir et la poussière, de roots quoi! En plus, cette mélodie est jolie, entraînante, se mémorise, bien accueillante. J'aime fort.

3/ Stupefaction: style de plus en plus années 80, morceau aussi gai que le premier. Entêtante, cette chanson se murmure, reste collée et donne envie de taper du pied. Jolie, elle est tout de même plus pop, plus mainstream, plus arrondie. Mais j'aime beaucoup aussi.

4/ Empty lives: ah, rupture de rythme, de tons. Ça s'accélère. Battement de cœur. J'aime beaucoup itou. Décidément cet album commence à sentir très bon. Je me demande si ce n'est pas ma préférée jusqu'à maintenant.

5/ The beating of another heart: nouveau changement de tempo. On est là sur un rythme très lent. Il y a toujours du beat, mais très doux. Je ne suis pas contre cette petite respiration d'autant plus que transpire une certaine tristesse attendrissante. À moins que ce soit de nostalgie ?

6/ Endless night:  bien, ça bouge. Sans aller jusqu'à parler de rythme endiablé, on est réveillé. Le pied est toujours agité. Bel album qui maintient une identité propre. Les morceaux ont des traits communs mais se distinguent tout de même. C'est dansant, du bon petit rock.

7/ Paralyzed : intro un peu trop commune. Heureusement, le refrain me plait bien, parce que le reste du morceau ne me touche pas énormément. Pour le moment, la chanson que m'émeut le moins.

8/ Manoeuvres: intro hyper bien balancée. Énorme instrumentalisation, très remuante. Comment pourrais-je échapper à cela? J'aime beaucoup. C'est étrange parce que j'apprécie tout en me demandant pourquoi. Je m'explique : j'ai l'impression que ça manque d'originalité et dans le même temps, j'ai le nez dedans et j'entends le résultat d'un très bon boulot, ça tape fort, c'est de la bonne zizique, rien à dire, alors pourquoi ce sentiment de "non originalité"? Très bizarre.

9/ Jolie jolie: à nouveau la musique fait très années 80. Il y a des changements de tons à l'intérieur de la chanson mais je n'arrive pas à être totalement conquis. Peut-être un peu trop simple, un peu trop répétitive? Elle me plait seulement sur le refrain. C'est les accompagnements autour qui me laissent froid.

10/ Lone without greed: étrange instrumentalisation, on est presque dans le disco non? Pour le coup, elle sort du lot. Est-ce une bonne chose? Je ne sais pas. Elle aussi est entêtante, attirante. Aussi un peu répétitive? Moyenne donc. Dommage de finir sur ce morceau, il ne me semble pas représentatif de la tonalité générale de l'album.

Beaucoup de morceaux m'ont bien plu. Voilà un autre album de Parker que je vais garder, réécouter avec plaisir. Entrain, joie, vie. Sans montrer une extraordinaire originalité, ce qu'il propose reste en mémoire, crée un dynamisme à l'écoute. Un très bon Parker, indéniablement.

mercredi 4 juin 2014

Des jours entiers à t'aimer



1970

Julien Clerc: Des jours entiers à t'aimer

Des jours entiers à t'aimer
Bourg-la-Reine
Si tu reviens
Faillite
La Californie
Zucayan
Quatre heures du matin
Carthage
Les Menhirs
Des larmes sucrées
La Veuve de Joe Stan Murray



Je continue mon parcours découverte de Julien Clerc en remontant le film chronologique, cheminement agréable, bucolique, parfumé et surprenant.

1/ Des jours entiers à t'aimer: j'aime bien. Belle entrée en matière avec une chanson bien écrite, une musique vaste. Il y a de la richesse, des voix d'accompagnement, des instruments de percussion. C'est original, touffu, dans l'ensemble un peu hétéroclite mais qui donne une forme qui se tient bien. J'aime bien.

2/ Bourg-la-Reine: chanson auto-biographique? La musique est très étrange. On sent une présence d'orchestre très forte. Beaucoup de ruptures, de changements de tons. J'aime bien les ruptures. Musique très seventies. Ce n'est pas le meilleur morceau de l'album. Le côté hétéroclite donne ici quelque chose de finalement pas très heureux.

3/ Si tu reviens: j'aime la mélodie. Encore une fois plutôt original. Vraiment une drôle de structure avec une instrumentalisation riche mais qui, elle, est des plus classiques. Ça forme une chanson bizarroïde et agréable.

4/ Faillite: j'aime beaucoup. Très entraînante, elle bouge bien. Elle est ronde. J'aime particulièrement l'instrumentalisation avec des sons étranges, très seventies encore. Il y a beaucoup de variété, dans l'habillage musical, sur les autres chansons aussi, mais celle-là est une belle illustration de la recherche musicale de cet album. Et tout cela se marie parfaitement aux jeux de voix de Julien Clerc.

5/ La Californie: célébrissime. Un tube. Comme la précédente, je fais les louanges de cette très belle chanson. Très riche. Gros plaisir à écouter. Peut-être que le texte est mieux tourné que le précédent.

6/ Zucayan: rythme plus apaisé. Néanmoins la mélodie est très entêtante. Une caresse.  J'aime beaucoup. Ça fait beaucoup de chansons que j'adore, je vais devenir un grand fan. C'est une relative surprise, vu le dédain que j'avais pour cet artiste jusqu'à aujourd'hui.

7/ 4h du matin: doux mais assez rythmé. J'aime le texte, même s'il est comme souvent parfois un peu tordu, ou du moins abscons.

8/ Carthage: Je suis un peu moins conquis. Pour le coup, je n'aime pas trop la musique et je trouve que la voix de Julien Clerc est mal utilisée. Une chanson difficile à chanter, cela dit. Bref, elle n'est pas toujours agréable à entendre.

9/ Les menhirs: Il m'a semblé que cette chanson a une forme plus classique. Surtout elle a une tonalité grave, un peu trop. Une sorte de lyrisme, de grandiloquence qui me touche peu.

10/ Des larmes sucrées: un début un peu lent et mou. Peu à peu, la chanson s'élève, mais n'atteint pas non plus, les sommets du début de l'album. Pas mal mais pas extraordinaire non plus.

11/ La veuve de Joe Stan Murray: bonne mélodie, en vagues, que la voix de Julien Clerc maîtrise superbement. Je ne sais pas si ce sont les instruments classiques, les violons derrière, mais là aussi, une sorte de grandiloquence, de pompe l'emporte mais cette fois, j'aime beaucoup. Je lui trouve une belle allure, de la grâce, ça fonctionne sur moi. Très belle chanson. Un morceau final en apothéose.

Dans l'ensemble, ce deuxième ou troisième album de Julien Clerc me plait énormément, surtout en son cœur. Belle richesse mélodique. L'énergie qui en ressort est bonne. Plein d'entrain, la musique et la voix communiquent quelque chose d'assez irrésistible en ce qui me concerne. Les textes notamment de Roda-Gil ne font pas toujours mouche, mais ont le goût du mystère; de l'alambique, du virage cuivré, pas facile à suivre, à comprendre mais au final il s'en écoule une liqueur très chaude, un peu piquante.

mardi 29 avril 2014

Magnum


2014

Philippe Katerine : Magnum

Notice SC

C'est en 2010 que Philippe Katerine avait sorti son album éponyme avec la banane et la reine d'Angleterre. C'est à cette occasion que j'avais découvert le chanteur. J'avais adoré cet album. Il me semblait tellement inventif, sale comme un garnement, libre et dingue, outrancier au sens le plus noble du terme, grossier, iconoclaste et en même temps très coloré.

J'ai été déçu par les suivants. Je fondais un nouvel espoir avec celui-ci. J'espérais une nouvelle tempête, or je découvre un album sage, paresseux, extrêmement mou du genou, musicalement... répétitif.

Doit n'y avoir que deux ou trois chansons qui peuvent à la longue se révéler charmantes. A force d'écoute elles pourraient m'entêter les sagouines! M'enfin, rien n'est moins sûr. Le ton général de l'album a perdu en intensité. La richesse de variété a disparu également. L'écoute se fait sans accroche particulière. On ne sent que trop l'uniformité de l'ensemble. L'écoute se fait rapidement, sans aspérité, sans rien qui retienne l'attention. Aussi vite écouté, aussi vite oublié. L'album qui devrait être gai et pétaradant se révèle presque tristounet. Encore un qui me passe sous le nez.

1/ Delta: intro mêlant bruits de vague sur la plage et musique blaxploitation 70's

2/ Sexy cool: ressemble beaucoup trop à ce qu'il a déjà fait auparavant, avec musique disco cette fois. Sexy cool mais répétitif.

3/ Strip-teaseuses: même style, même rythme. Ressemble trop à tout l'album. Attention, ça s'écoute, mais difficile de faire la différence avec le reste de l'album.

4/ Efféminé: morceau rigolo parce qu'il dit "grosses couilles" hi hi... non sérieux, c'est tout? C'est ça le summum de l'extravagance, mettre couilles dans un texte? Tu l'avais déjà fait monsieur. La reine d'Angleterre qui nous pisse à la raie, c'est t-y pas le même taf? C'est là que j'ai envie de dire que c'est trop facile, trop feignasse. En plus, sur cette chanson, c'est encore une fois beaucoup trop répétitif, à la limite d'être chiant. Non, pas à la limite, c'est chiant! Wouah quel dévergondé je fais, j'ai écrit "chiant", wouah! Hell's angel que je suis!

5/ Patoseul : c'est quoi la différence avec "Strip-teaseuses"? Gentil. Tout ça ressemble à l'album "Robots après tout".

6/ Les dictateurs: toujours même rythme. Toujours répétitif. Je ne sais pas si j'ai trop bu de vin à midi... mais l'écoute devient pénible, là.

7/ Amiami: jeu de mots facile, fait y a 30 ans par les Nuls. La mélodie est un peu plus douce non? Ça change un chouïa mais vraiment en cherchant très fort.

8/ Le trouvère de Verdi : ce battement me casse les burnes. Je ne sais pas si je vais garder cet album.

9/ ADN: y a une instrumentalisation très actuelle, genre celle du film "Drive". Je ne sais pas comment ça s'appelle. Très lent, un petit saxo années 80 rapplique. Mais trop répétitif encore. Tain!
Mais saoul, ça peut faire son affaire et endormir son homme.

10/ Sensibles : musique daft punkienne un peu au début. Encore de la répétitivité, on est au niveau de l'incantation là non? de la litanie? Chiant en somme. Quel fainéant, j'en reviens pas!

11/ Imbécile heureux : un peu plus remuant. Retour du disco. Dansant, bruyant, la voix porte difficilement quand même. Moyen.

12/ Faire tourner: retour de la "drivitude". Pas trop ma came cette musique. Ça va bien dans Drive avec cette ambiance un peu mort-vivante ou dans le nouvel album des Daft Punk, mais ici, bof.

samedi 9 novembre 2013

7 colts pour schmoll


1968

Eddy Mitchell : 7 colts pour Schmoll


1. Be bop a lula 1968 2:21
2. Sunny 3:12
3. Quelqu'un a dû changer la serrure de ma porte 2:31
4. Elle me voit beau 2:43
5. Bye Bye Love (Version anglaise) 2:19
6. Ordonne mais pardonne 2:46
7. 13 filles 3:03
8. Le Fou sur la colline 3:03
9. Quitte à tout perdre 3:50
10. Only You (Only You (And You Alone)' 2:03
11. Tighten Up (instrumental, présentation du groupe) 4:03

Titres bonus (réédition CD)
Ces titres étaient disponibles en 45 tours à l'époque.
12. Je n'aime que toi 2:43
13. Un homme dans la foule 2:54
14. J'ai semé le vent 3:44
15. Carla 2:29
16. Il suffit d'une fille 2:55
17. Où étais-tu ? 2:36
18. Ma première cigarette 3:13
19. Par qui le scandale arrive 2:43

Notice SC
Notice Wikipedia



Quelle drôle de bestiole que cet album ! Comment a-t-on pu imaginer un habillage pareil ? Par ce terme d'habillage, j'entends la structure de l'album où, de temps en temps entre les chansons, Eddy Mitchell insère d'une voix un brin nasillarde mais surtout un peu fausse, comme dans un mauvais doublage, des phrases sibyllines rappelant les poncifs du western hollywoodien qui a nourri la cinéphilie du bonhomme. J'ai toujours du mal à comprendre l'intérêt de ce procédé. Ça peut être lassant.

Musicalement, l'album m'a tout l'air d'être en très grande partie rempli de reprises. Comme les autres rockeurs français de l'époque, Eddy Mitchell faisait volontiers dans la francisation des tubes rocks et rythm and blues américains. Ici, si certains sont plutôt réussis, d'autres n'apportent pas vraiment grand-chose d'inédit. L'exercice est à la fois facile et casse-gueule : le piège type.

Dans l'ensemble, l'album a nécessité plusieurs écoutes pour afficher une allure acceptable. J'ai longtemps eu du mal à lui trouver du goût, trop hétéroclite sans doute. Les mélodies trop connues ont par ailleurs semblé appauvries.

Il y avait également le sentiment, peut-être juste, qu'une certaine forme de paresse avait présidé à l'élaboration du ce projet. Mais peu à peu, la forme incongrue surprend de moins en moins jusqu'à devenir correcte. Peut-être que ces "7 colts" n'est pas le plus grand album de M. Eddy, mais cet hommage en dit long sur l'univers culturel, cinéphile et musical de l'artiste et prend donc un sens quasi intime qui n'est pas négligeable.

1) Be bop a lula 68 : on commence en introduction avec ce Be bop a lula instrumental qui ne me touche pas particulièrement.

2) Sunny : l'original est tellement fort que cette reprise sans flamboyance finit par être très agréable à écouter. La voix roucoulante d'Eddy se marie parfaitement avec la chanson. Aussi, après plusieurs écoutes, j'apprécie énormément cet instant.

3) Quelqu'un a dû changer la serrure : voilà un morceau pas loin d'être catastrophique, mou. Les paroles ne fonctionnent pas avec la mélodie. Je ne sais pas. Électrocardiogramme inerte pour moi.

4) Elle me voit beau : bof. C'est très rythmé, remuant, mais pas de grand frisson. J'aime bien les grattes derrière, très "swinging London", mais les cuivres me saoulent un peu. Ça donne quelque chose de très moyen, d'autant que les paroles sont trop répétitives.

5) Bye bye love : plus calme, moins irritant de fait, ce morceau ne soulève pas non plus un enthousiasme démesuré. À noter que M. Eddy s'y livre en english.

6) Ordonne mais pardonne : là encore, j'aime particulièrement l'original et la reprise est agréable. Passé le trouble du texte français, oui c'est agréable. Le texte est tout de même difficile. Entraînant, mais très en deçà de l'original. C'est dans ces moments qu'on s'interroge sur les raisons qui ont présidé à l'élaboration de cet album.

7) 13 filles : très entraînant au départ, mais à la longue ça fatigue un peu. J'aime beaucoup le début de la chanson, la petite montée instrumentale et de la mélodie, ensuite, ça stagne un peu.

8) Le fou sur la colline : au départ difficile pour moi, je connais mes Beatles par cœur, sur le bout des doigts. La francisation de leurs chansons me pose davantage problème a priori. Mais le choix de cette chanson est tout de même compréhensible. C'est doux, plus calme et donne un temps de respiration à tout l'album. Cette reprise vient à point nommé pour éviter une lassitude qui pourrait gagner l'écoute. Oui, c'est plutôt bien fait et Eddy est excellent vocalement sur ce morceau la. Donc avec un peu de réécoutes, on s'habitue et on fini par y prendre plaisir.

9) Quitte à tout perdre : un peu simpliste, je trouve. Et surtout, répétitif. Et donc un peu lassant. Peut-être le morceau le plus chiant de l'album ?

10) Only you : dans le rythme et l'instrumentalisation, cela correspond bien avec le morceau précédent. Et qui sait si la filiation ne rend pas ce morceau assez peu plaisant également. Bof bof.

11) Tighten up : dernier épisode de l'album pour la première mouture. Et l'on a droit à un truc plutôt indigeste. Je retire ce que j'ai dit plus haut sur le morceau le plus chiant de l'album : c'est bien ce long discours d'adieux qui porte la couronne. Eddy Mitchell passe en revue tout son effectif. Lancinant, on a hâte que cela finisse.

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12) Je n'aime que toi : ahhh ! Heureusement furent ajoutées huit chansons supplémentaires. On ne pouvait pas finir sur les trois dernières et piteuses chansons. Celle-ci est très douce. Peut-être pas très subtile, un peu gnangnan, la mélodie me plaît beaucoup et me paraît très vite familière pourtant. M'enfin, il est vrai qu'on est loin du style de M. Eddy.

13) Un homme dans la foule : style différent, très seventies. Mais avec des violons en intro et en fond par moments. J'aime bien. Elle ressemble à rien de connu chez Eddy Mitchell. Elle monte et descend, remonte, redescend, j'aime bien sa progression.

14) J'ai semé le vent : bizarre intro. Il y a une espèce de lyrisme curieux. On dirait une musique de film par moment. Ce n'est pas désagréable, mais je reste un peu perplexe.

15) Carla : il y a encore ce style très étrange. Quelle drôle d'époque ! Très seventies. Pas mal mais sans plus.

16) Il a suffi d'une fille : j'avoue que cette chanson m'a plu. Je la trouve entraînante. Et je ne sais pas pourquoi. Le style est très banal pourtant. La mélodie me plaît bien je crois.

17) Où étais-tu ? Aouch ! Un violon crie dans la nuit. Une musique plus que baroque éclate, russe ? Juive ? Tzigane ? Un truc que je situe très mal. Faute de culture musicale correcte. Sans être indisposante, cette musique décontenance. On se demande si on n'est pas devenu fou, si on entend bien, si les chiens ne font pas des chats. Très curieux objet.

18) Ma première cigarette : j'aime bien. Très simple, on se laisse apprivoiser. La voix de M. Eddy qui semble coller à une chanson de James Bond… Oui, voilà, c'est ça ! Une chanson de film d'espionnage. Ah oui, on est bel et bien devant l'album très surprenant!

19) Par qui le scandale arrive : dernier morceau. Je ne le quitte pas fâché, mais disons que je suis assez content de passer à autre chose. Cette chanson ne sera pas retenue, car très répétitive. Je note qu'on peut faire ce reproche à beaucoup de morceaux de cet album.

Entre sa composition hétéroclite virulente et son écriture mélodique trop pauvre, trop répétitive, cet album ne restera pas comme l'un des plus forts de M. Eddy, loin de la.

samedi 24 août 2013

Julien Clerc

 
1968

Julien Clerc : Julien Clerc
ou
Julien Clerc : Yann et les dauphins

1.     Yann et les dauphins
2.     Les vendredis    
3.     La petite sorcière malade
4.     Le delta
5.     Sur tes pas
6.     Ivanovitch
7.     La tarentelle
8.     L'amour en chantier
9.     Jivaro song
10.     Julien
11.     La cavalerie

Je ne connais pas Julien Clerc. Du tout. Pendant très longtemps, je n'ai pas été intéressé. Sa voix m'était même assez antipathique. Cette espèce de chevrotement était un poil horripilant. Je suppose que cela a suffi à m'en tenir éloigné. Et puis quelques chansons entendues, ici et là, ont allumé la petite lumière de la curiosité. J'ai bien aimé envie d'essayer Julien Clerc. Je voudrais essayer proprement, en partant du début, histoire d'entendre la progression du bonhomme. Aussi ai-je mis la main sur son premier album. La qualité sonore n'est pas toujours en rendez-vous et peut m'irriter parfois. M'enfin, c'est mieux que rien. Les premières écoutes ne font pas mal à l'oreille dans l'ensemble. Mais ne touchent pas vraiment non plus. A force de l'écouter l'album devient familier, et je me mets doucement à l'aimer. Doucement.



1/ Yann et les dauphins:
Ça commence fort avec un style somme toute classique, de la chanson française à texte, mais justement le texte est pour le moins bizarre. Pas simple. Quelle idée?! Je suppose qu'évoquer des dauphins et des pirates suffisait à susciter des images poétiques? Reste que la musique pour entrainante qu'elle soit  ne parvient pas à transcender un texte un brin abscons, confus et peu frissonnant. Ça s'entend mais rien d'extraordinaire.

2/ Les vendredis:
Le son de ce morceau est particulièrement mauvais. Ça bave. La voix de Julien Clerc vibre déjà. Le texte est toujours aussi nébuleux. Difficile pour ce texte de claquer. Je n'aime pas trop.

3/ La petite sorcière malade:
Celle-là me plait beaucoup malgré le son pourri. La structure mélodique me parait très équilibrée, montante, variée. Texte toujours complexe, mais je m'en fous sur ce coup, car la musique et la voix du chanteur forment un ensemble bien bâti. C'est dense et solide. Bonne chanson.

4/ Le delta:
J'aime bien la musique même si elle est loin d'être parfaite. Il y a là quelque chose d'original, d'entêtant. Encore une fois la voix du chanteur épouse parfaitement les volutes musicales, ces changements de ton et de rythme. Originale et jolie, j'aime bien.

5/ Sur tes pas:
Le style est proche des deux précédents morceaux, mais le lyrisme des violons associé à la voix trainante me plaisent davantage. J'aime énormément. Sans doute la chanson que je préfère de l'album. J'aime sa progression. Le style grandiose reste marqué par son époque. Certaines caractéristiques font penser à du Ennio Morricone. Je ne saurais préciser comment ni pourquoi, désolé. J'adore.

6/ Ivanovitch:
Style très différent, années 30? Entêtante. Le refrain peut accrocher l'oreille et vous entrainer. Mais elle semble un peu trop simple. Le texte n'est pas des plus éblouissants.

7/ La tarentelle:
Je ne sais pas pourquoi mais cette chanson me fait penser à Nino Ferrer. Association d'idées? Probable. Je ne suis pas dérangé, mais elle ne retient pas spécialement mon attention. Bof. Dommage.

8/ L'amour en chantier:
J'aime bien. Peut-être parce que je trouve le texte plus lisible? Parce que le style est plus swinguant, plus sixties?

9/ Jivaro song:
Texte et mélodie simpliste. Peu d'intérêt. A la rigueur, elle est un peu irritante car trop répétitive.

10/ Julien:
Premier album : premier album éponyme. J'ai cru remarquer qu'il s'aime bien Julien Clerc, non? Le texte est très lisible. La musique très seventies. Chanson audible, mais peu emballante au final.

11/ La cavalerie:
Chanson plaisante pour conclure. J'aime bien car elle est bien fichue : mélodie, rythme, texte et voix offrent un tout plutôt joli à écouter. Très agréable.

L'album ne sort pas vraiment de l'ordinaire, mais la voix de Julien Clerc est déjà très particulière. Les textes sont beaucoup trop faibles, hasardeux et poussent le verbiage à des extrémités qui me laissent sur le bas côté. De fait, c'est sans doute plutôt moi qui suis faible. Suite aux nombreuses écoutes, je peux dire que j'ai eu du mal à l'apprivoiser. Mais on peut y arriver. Album moyen donc. Comme la plupart des textes sont d'Étienne Roda-Gil, un de ses auteurs favoris, l'apprentissage du Julien Clerc s'annonce une tâche compliquée pour moi. Mais j'ai vraiment envie d'essayer, histoire de mourir moins con.